Justice est rendu en ce jour perdu
Je viens de me réveiller
Je scrute l'ouverture des grilles, leur arrivée.
Trop longtemps mon impatience m'a torturé.
Trop longtemps j'ai été enfermé.
Aujourd'hui, le jour de la délivrance est arrivé.
Ils vont m'emmener, me libèrer.
J'entend des pas qui résonne du fond de l'allée,
Je sens mon heure approcher.
J'entend des voix, ils ne se gènent pas pour parler,
Pour m'insulter,
Me traiter d'horreur sans-nom pour le crime auquel ils croient avoir assisté.
La grille coulisse, ils sont désormains là, debouts, à me regarder.
Je sais que c'est l'heure,
Je me lève sans peur,
Je sais que je partirais sans fleur,
Pour eux je n'ai aucun sens de l'honneur.
Ils me regardent avec horreur,
Les dix-neuf années de ma vie ne finiront pas en pleurs .
Je suis enchaîné, menotté,
Ma douleur ne semble pas les déranger.
Ils continuent de me dévisager tout en me conduisant dans l'allée.
Ils tiennent ma tête, je ne peux que regarder mes pieds.
Je sens ma peur et ma haine monter,
Alors que le petit cortège continu d'avancer.
Sur chaque côté je peux entendre mes camarades crier,
M'applaudir et m'encourager.
Je devrais peut-être les remercier,
Mais aucun mot ne vient . Mes lèvres sont déssèchées.
Je me contente de marcher ,
Lentement , sans me presser. . .
Mais cette fois mon sang devient glacé.
Au milieu de cette salle m'attend la liberté.
Il n'y a pas d'odeur, je me sens observé.
Tout le monde dans cette salle me regarde, horrifié.
Derrière une grande vitre, je peux voir les gens qui m'ont aimé,
Mais qui aujourd'hui , ne font que me détester.
Je ne peux m'empêcher de fixer l'unique chose dont la pièce est ornée,
Une simple chaise dirigée vers le public en train de regarder,
Mais ils me sortent de mes pensées.
Ils m'assoient et m'attachent, puis ma tête est mouillée. . .
Je les sens appliquer des éponges sur mon crâne rasé. . .
L'heure est venue, mon visage est masqué.
La pénombre m'a enveloppé,
Je les entend parler,
L'électricité commence à circuler,
Les brûlures s'intensifient et je sens ma peau s'incinérer.
La souffrance est si grande que je n'arrive pas à hurler.
Puis je sens plus rien, tout semblait terminé . . .
Mes forces m'ont quitté,
Je réfléchis une dernière fois aux dix-neuf années,
Uniques dix-neufs années où j'ai pû vivre avant d'être enfermé,
Puis pour ce crime, exécuté.
Ils m'ont accusé à tort d'avoir tuer,
Et désormais, après s'être vengés, ils vont m'oublier...